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22 - J +50

Aujourd'hui Lundi,  j'avais la ferme intention de donner suite au récit chronologique de mon expérience à J+22 alors que j'étais aux prises avec un Ré suscité récalcitrant, mais, ce qui m'est arrivé ce matin me semble plus intéressant à raconter: alors le RéSuscité attendra encore un peu pour reprendre goût à la vie.

 

Ce ouikène, j'ai été très occupé et n'ai eu ni la possibilité de jouer ni même de penser à l'accordéon.

 

Ce matin, en passant à coté de Soprani, je perçois une vibration d'impatience: il m'appelle et me supplie de le prendre sur mes genoux. Je le saisi délicatement et le caresse. Il minaude de plaisir pendant que j'enfile les bretelles. Impatient, il frissonne et je sens son soufflet heureux de pouvoir enfin se détendre.

Pas le temps de chercher la partition, un accord main gauche se présente sous mes doigts, je l'enfourche sans réfléchir, la droite qui n'attendait que ça lui emboite le pas dans la seconde. Je ne me souviens plus de quel morceau il s'agissait mais ce que je sais c'est que je l'ai joué comme dans un rêve.

Pas une fausse note, pas une hésitation, G visiblement impatiente de s'exprimer, affranchie de toute surveillance jouait seule, mais bien à l'écoute de D qui elle même, n'en demandant pas tant, se régalait à broder sa petite mélodie.

Incrédule, j'ai joué le morceau en boucle pour bien me convaincre que c'était moi qui faisait ça. Confirmation!

C'était trop beau, alors j'ai pris les autres morceaux un à un pour voir ce qui se passait: Le Crabe, le Pacifiste, Le Ré Suscité: pareil!, La Fanfare et le Biniou sont eux aussi parvenus en beauté à destination.

Bien que n'en ayant pas encore parlé jusqu'ici (ça va décidément trop vite), la Gavotte d'Elodie, Glao Nevez et Jour de pluie se sont eux aussi parfaitement comportés comme si ce matin tout avait décidé de me sourire, comme si Soprani avait décidé de m'offrir ce cadeau inattendu.

 

J'ai joué plus d'une heure, comme ça, sur un nuage, sans me lasser, avec l'impression confuse d'avoir passé un cap important de mon initiation et le sentiment d'aborder une seconde étape avec des armes primitives certe mais suffisantes pour affronter les prochaines difficultés.

Bien entendu, j'ai bien conscience qu'il s'est agit d'un moment exceptionnel que je ne revivrai peut être jamais, mais il n'en est pas moins vrai que ce qui est sorti de mon accordéon ce matin venait bien de moi, c'étaient bien mes doigts qui jouaient, les doigts de personne d'autre.

 

Cette heure de "musique" restera un moment rare dans ma progression, et elle fournit la preuve que chaque humain possède en lui des ressources en jachère inexploitées et inexplorées qui ne demandent qu'à fleurir.

Pour mézigue, 50 jours auront suffit à me convaincre que je pouvais apprendre la musique et jouer d'un instrument dont j'ignorais tout il y a 7 semaines.

 

Si après ça je devais trouver un début d'explication à cette réussite matinale, je l'attribuerais sans aucun doute au fait de n'avoir pas eu le temps de penser à l'accordéon pendant deux jours.

L'oubli forcé et l'éloignement temporaire de ma méthode auraient laissé le temps à mon double créatif de ranger et de faire le tri dans tout ce que j'avais accumulé depuis le début de l'apprentissage.

En retrouvant Soprani ce matin, après ce grand nettoyage, j'aurais repris possession d'un espace désencombré des outils dont j'avais eu besoin jusque là, d'un lieu où je pourrais me mouvoir sans me cogner, comme si les murs s'étaient écartés pour me laisser plus de liberté pour aborder la suite en toute confiance.

Tout compte fait, je pense que c'est une bonne explication, et toute irrationnelle qu'elle soit, je la garde car elle me plait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



22/10/2012
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