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26- Post Partum blues

 

 

Qui aurait pu prévoir qu'après 11 semaines d'une gestation agitée, j'accoucherais (peut être prématurément, ceci expliquant cela) d'une portée de 10 petits airs et ritournelles en bonne santé et pleins de vie?  

Bien sur, cela me ravit, mais j'avoue avoir été un peu pris de vitesse et mal préparé à cet arrivage en masse, quelque peu surmené, maintenant, j'accuse le coup en me mitonnant un Post Partum Blues de derrière les fados.

 

Ce blog étant "musical", d'aucun pourraient penser que le Post Partum Blues est un style de musique que les facteurs noirs américains chantent en distribuant le courrier alors qu'il s'agit en réalité d'un état dépressif qui touche certaines femmes en découvrant leur nouveau nez à la sortie de clinique. 

 

A l'origine, mes angoisses et mes doutes furent déclenchés par une âme charitable à laquelle tout fier, je faisais découvrir mes balbutiements  accordéonistiques. Au terme de ma démo, cette personne, sans penser à mal me demanda poliment si au lieu de ces petits airs sympas mais méconnus je ne pouvais pas lui jouer " jchais pas moi! Au clair de la lune ou la Java Bleue. Sur le coup j'ai répondu qu'il fallait accepter cela comme des exercices imposés et sans rapports avec nos rengaines bien connues, mais la remarque avait fait mouche et venait d'ébranler les certitudes patiemment forgées depuis le début de mon apprentissage.

 

De fait, j'avoue piteusement (ce que je savais déja) être incapable de savoir avec quel doigts et quels boutons je peux faire sortir de mon instrument les trois notes d'Au clair de la lune, ces trois insignifiantes petites notes de Musique que même les nourissons connaissent et qu'après 11 semaines d'efforts je ne suis pas foutu de localiser sur mes si déroutants et compliqués claviers.

 

N'étant pas à un excès près, j'ai eu soudain la détestable sensation d'apprendre l'accordéon comme ces gamins dans les écoles coraniques qui apprennent le coran par coeur dans une langue qu'ils ne comprennent pas et ne comprendront peut être jamais. J'en concluais qu'étudier par coeur et à l'oreille comme on me le suggérait, ne me mènerait nulle part sauf à ressasser indéfiniment les gentillets refrains de La Méthode ce qui engloutissait "tirés, mais diablement" mes rêves de libertés chromatiques et d'improvisation.

Sur le moment, cette vision accablante m'a extrèmement perturbé et l'angoisse aidant, j'en suis presque arrivé à regretter de n'avoir pas decidé d'apprendre le pipeau ou la guitare. Au moins avec ces instruments, les notes se suivent logiquement du grave à l'aigu ou de l'aigu au grave et, avec trois doigts faciles à placer, j'aurais dès le premier jour pu satisfaire les attentes de mes admirateurs les plus exigeants. Or, l'accordéon, avec tout ses boutons en vrac sans ordre apparent et ses doigtés arbitraires est tout sauf logique et peut s'avérer en période de doute terriblement anxiogène.

Alors qu'hier je l'en remerciais, je me suis pris à haïr le fou furieux qui avait inventé cet engin de torture maquillé en instrument de Musique.

Pour achever de me démoraliser, je concluais que j'étais sur une voie de garage qui ne menait nulle part, que je n'y arriverais jamais ,.........Bref, adieu Tango, adios Fado (Fa, Do! je prends note) et bonjour le Blues!

 

C'est dans cet état d'esprit pitoyable que l'idée me vint d'aller à la ville pour visiter le marchand de Musique local. Dans le fond d'un bach je parvenais à dénicher quelques méthodes pour apprendre l'accordéon que je feuilletais avec intérêt dans l'espoir d'y trouver un remède à ma déprime. Le résultat dépassa toutes mes espérances. Même Mr Galliano Richard auréolé de son prestige virtuose aidé par son Papa au talents pédagogiques parait il hors pair a publié une méthode à destination des débutants: l'intention est louable (la méthode "elle" est à vendre), mais dès la première page vous pigez que sans quelques années de solfège derrière vous et un bon prof pour vous décrypter le moindre exo, vous n'y arriverez jamais.

Rien de tel pour vous remettre les idées en place et repeindre en bleu le ciel (momentanément) obscurci de vos études musicales. Rasséréné, je fis un tour dans la boutique histoire de saluer les pipeaux et une armée de guitares suspendues au mur puis, regonflé à bloc je pris le chemin du retour. Parvenu à ma maison, je me précipitais dans mon atelier où éperdu de reconnaissance j'embrassais fougueusement Soprani et ma Méthode Diou Flo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



17/11/2012
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